Hannetons: Messagers bourdonnants du printemps

Antje Sommerkamp Antje SommerkampAlexander Buggisch Alexander Buggisch

Pour certains, le hanneton est un messager bienvenu du printemps, pour d'autres, la larve de hanneton est plutôt indésirable dans le jardin. Faisons la connaissance de cet insecte vrombissant.

Hanneton mâle

Avec ses antennes à sept cils, ce hanneton mâle semble être à la recherche d’une fiancée

Lorsque le printemps amène les premiers beaux jours, de nombreux hannetons nouvellement éclos bourdonnent dans l'air du soir et partent à la recherche de nourriture. On les trouve alors le plus souvent dans les forêts de hêtres et de chênes, mais ils s'installent aussi sur les arbres fruitiers et commencent à manger les tendres feuilles nouvelles. Pour beaucoup, ce sont les signes avant-coureurs de la saison chaude. D'autres vitupèrent surtout contre leurs larves voraces, les vers blancs, car en trop grand nombre, elles peuvent endommager les racines des plantes.

Reconnaître le hanneton

Le hanneton en vol

Ces gros coléoptères sont un peu maladroits lorsqu'ils se déplacent en volant

Dans notre pays, le hanneton des champs et le hanneton des forêts, un peu plus petit, sont des espèces endémiques – tous deux appartiennent à la famille des scarabées, ou Scarabéidés. Adultes, ces coléoptères sont très reconnaissables. Ils portent sur le dos une paire d'ailes brun-rougeâtre; leur corps est de couleur noire et recouvert de poils blancs sur la poitrine et la tête. Le motif blanc en dents de scie qui court directement sous les ailes est particulièrement frappant. La distinction entre les hannetons des champs et des forêts est difficile pour le profane, car leurs couleurs sont semblables. Le hanneton des champs est un peu plus grand (22-32 millimètres) que son parent, le hanneton des forêts (22-26 millimètres). Chez les deux espèces, l'extrémité de l'abdomen (telson) est étroite, mais chez le hanneton des forêts, l'extrémité est un peu plus épaisse.

Hanneton

Le motif blanc en dents de scie, juste sous ses ailes brunes, est caractéristique du hanneton

Présence possible de coléoptères en Allemagne

Les hannetons vivent principalement à proximité des forêts de feuillus et dans les vergers. Tous les quatre ans environ, on observe une «année de grand vol» au cours de laquelle on peut souvent trouver les chenilles en grand nombre en dehors de leur aire de répartition réelle. Cependant, dans certaines zones, il est devenu rare de croiser ces coléoptères – beaucoup de petits et grands n'ont jamais vu ces jolis insectes et ne les connaissent que par les chansons, les contes de fées ou les histoires de Wilhelm Busch. Mais dans d’autres régions, on observe à nouveau, depuis quelque temps, des essaims d'innombrables hannetons qui dévorent des zones entières en quelques semaines. Heureusement, après la mort naturelle des insectes, les feuilles repoussent généralement.

Toutefois, les dégâts causés aux forêts et les pertes de récoltes sont également dus au fait que les vers blancs mangent les racines. Les mesures de lutte chimique à grande échelle qui ont presque anéanti les coléoptères et autres insectes en de nombreux endroits, comme dans les années 1950, n'existent heureusement plus, car la taille des essaims d'aujourd'hui ne peut être comparée aux reproductions de masse antérieures comme en 1911 (22 millions de coléoptères sur environ 1800 hectares). La génération de nos grands-parents s'en souvient encore bien: avec des boîtes et des cartons de cigarettes, les classes sont allées dans les bois pour ramasser les nuisibles. Ils étaient donnés à manger aux porcs et aux poulets, ou allaient même dans la marmite en cas de besoin. Tous les quatre ans environ, période qui correspond à leur cycle de développement d’environ quatre ans selon la région, on assiste à une année de grand vol. Dans le jardin, les dégâts causés par ce scarabée et ses larves sont limités.

Hanneton mâle

Avec ses antennes en éventail, ce hanneton mâle perçoit la moindre trace d'odeur dans l'air

Cycle de développement du hanneton

  • Dès que les températures printanières (avril/mai) sont constantes, la dernière phase de nymphose des larves de hanneton se termine, et les jeunes scarabées sortent du sol. Ensuite, ces coléoptères voraces sortent en essaim, la nuit, pour se nourrir abondamment et permettre ainsi à leurs corps de finir leur développement
  • Vers la fin du mois de juin, les hannetons atteignent leur maturité sexuelle et s'accouplent. Ils n’ont pas beaucoup de temps, car ils ne vivent que quatre à six semaines environ. Les femelles sécrètent une phéromone que les mâles détectent avec leurs antennes, qui contiennent environ 50 000 nerfs olfactifs. Le hanneton mâle meurt immédiatement après l'acte sexuel. Après l'accouplement, les femelles s'enfouissent à environ 15 ou 20 centimètres de profondeur dans le sol et pondent 60 œufs en deux fois, après quoi elles meurent à leur tour
  • Les larves (vers blancs), redoutées par les jardiniers et les agriculteurs, se développent rapidement à partir des œufs. Ils restent dans le sol pendant environ quatre ans, se nourrissant principalement de racines. Ce n'est pas un problème tant qu’elles restent peu nombreuses, mais si la population augmente, il y a un risque de mauvaise récolte. Dans le sol, les larves passent par trois stades de développement (E 1-3). La première commence directement après l'éclosion, les suivantes sont chacune initiées par une mue. En hiver, avant de se reposer, les larves s’enfoncent à une profondeur qui les protègera du gel
  • Au cours de l'été de la quatrième année sous terre, le développement du hanneton adulte commence avec la nymphose. Cette phase est terminée au bout de quelques semaines et le hanneton éclot de la larve. Cependant, il reste encore caché dans le sol. Là, sa carapace chitineuse durcit. Il se repose pendant l'hiver jusqu'à ce que le printemps l’invite à se frayer un chemin vers la surface: le cycle recommence

Tous les 30 à 50 ans, grande reproduction de masse

Outre ce cycle de quatre ans, il y en a un plus long, au terme duquel les hannetons se reproduisent en masse. Il n'a pas encore été possible de l’identifier précisément, mais on estime qu'il dure entre 30 et 50 ans. Si vous vivez dans une région où vivent ces coléoptères, vous ne pourrez ignorer leur bourdonnement au crépuscule; et les arbres dénudés de leurs feuilles témoigneront de leur grand appétit. Si vous êtes pris dans un tel essaim en tant que conducteur de voiture ou de vélo, cela peut avoir des conséquences désagréables, car à grande vitesse, l’effet est similaire à celui d’une tempête de grêle.

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