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Anis hysope, Agastache

Sarah Stehr Sarah StehrSilke Eberhard Silke Eberhard

La palette de plus en plus large des agastaches offre un extraordinaire choix de jolies hampes florales. Par extraordinaire, les papillons et les abeilles en raffolent aussi.

Origine

Avec ses jolies hampes florales en colonne, son parfum revigorant et une très longue floraison, l’anis hysope (ou agastache) trouve depuis quelques années de plus en plus de fans parmi les jardiniers amateurs. La floraison des anis hysopes de la famille des lamiacées (Lamiaceae) attire par ailleurs de nombreux insectes et on peut même récolter et manger les fleurs et les feuilles des différentes espèces. Dans les différentes espèces et variétés de cette famille de vivaces, le nom est un peu trompeur. Certaines sont appelées anis hysope ou calament, d’autres, par analogie aux inflorescences bleues de quelques espèces, sont connues sous le nom d’ortie bleue, et d’autres sont désignées, de manière trompeuse, sous le nom d’hysope, alors qu’elles ne sont que de lointaines parentes de l’hysope médicinale (Hysopus).

Aspect et port

Le type de croissance des agastaches dépend fortement du groupe auquel appartient chaque espèce. Les hysopes peuvent en effet être classées en deux sous-groupes. Les quatre espèces et leurs variétés originaires de Chine, de Corée et d’Amérique du Nord qui font partie du premier groupe des vivaces de jardin ne sont pas seulement nettement plus hautes que les espèces du deuxième groupe, elles ont aussi un port très buissonneux. Leurs tiges érigés qui portent une quantité extraordinaire de larges feuilles au parfum prononcé forment des buissons compacts. Ces espèces peuvent atteindre des hauteurs de 2,50 mètres. Les espèces qui aiment la chaleur et composent le deuxième groupe restent un peu plus basses et se distinguent par une croissance à ramifications plutôt aérées. Aucune ne dépasse un mètre de hauteur, quelques-unes atteignent à peine 30 centimètres.

Les espèces des deux groupes d’agastache se différencient nettement par leur port et leur floraison, ici l’Agastache rugosa (à gauche) und l’Agastache aurantiaca ‘Apricot Sprite’ (à droite)

La différence ne s’exprime cependant pas seulement dans le port mais aussi dans le feuillage et les fleurs. Alors que les fleurs des quatre vivaces de jardin sont disposées en épis serrés et généralement blanches ou bleues (l’exception étant l’Agastache nepetoides aux fleurs jaune vert), les espèces du deuxième groupe présentent une floraison colorée qui peut être rose, rouge ou même orange selon l’espèce et la variété. Au contraire des épis plutôt compacts du premier groupe, elles sont non seulement plus grandes mais aussi ordonnées en groupes ou en vrilles, et la disposition des fleurs est plutôt aérée. Mais le point commun des deux groupes est leur période de floraison qui s’étend de la fin juin jusqu’en septembre selon l’espèce et la variété. Comparée aux feuilles larges et ovoïdes du premier groupe, la forme des feuilles du deuxième groupe est plutôt linéaire. Selon les espèces et les variétés, le bord des feuilles peut être dentelée ou lisse. Par ailleurs, la caractéristique de toutes les espèces d’hysope sont les tiges carrées et le parfum remarquable d’anis ou de fenouil qui se dégage des feuilles quand on les froisse.

Emplacement et sol

En règle générale, plus les hysopes sont au sec, plus elles sont robustes. Ces vivaces ne supportent pas bien l’eau stagnante et les hivers humides. Un emplacement en plein soleil sur un sol perméable et riche en nutriments est idéal. Agastache rugosa et ses hybrides sont les seules qui tolèrent aussi des sols un peu plus humides et plus lourds. Pour toutes les autres, il faut rendre le sol plus perméable en y ajoutant du sable.

Agastaches blanc-vert

On trouve aussi parmi les agastaches des espèces et des variétés à fleurs d’un blanc vert

Plantation

Les agastaches en pot peuvent se planter du printemps à l’automne. Si le sol du jardin n’est pas très riche en nutriments, vous devrez l’amender avant la plantation avec un peu de compost mûr.

Conseils de soins

Dans un emplacement ensoleillé au sol sec et perméable, les agastaches se resèment en grande quantité. C’est une bonne chose car souvent, ces vivaces n’ont pas une longue durée de vie. Si le ré-ensemencement vous insupporte, vous pouvez couper les hampes avant la maturité des graines, mais vous devrez alors renoncer aussi à leur belle silhouette hivernale avec laquelle les grandes variétés, notamment, structurent encore les massifs de vivaces pendant l’hiver.

Les espèces durables d’hysope et leurs hybrides peuvent être divisées au printemps et être ainsi simultanément multipliées et rajeunies. Egalement au printemps, on apportera aux vivaces du compost et un autre engrais organique pour leur faciliter la repousse et leur permettre de bien aborder la nouvelle saison.

Utilisation

En été, les hysopes attirent les regards dans les massifs notamment à côté de monardes rouges (Monarda), de rudbeckias (Rudbeckia), d’échinops (Echinops), de phlox ou de scabieuses. Les étonnants épis des espèces utilisées comme vivaces horticoles les prédestinent vraiment aux associations avec des vivaces à autres formes de fleurs. Les épis compacts par exemple peuvent ainsi être particulièrement mis en valeur en association avec des espèces comme la verge d’or (Solidago) ou le gaura (Gaura) , qui portent des inflorescences plutôt aérées. Des graminées d’automne comme par exemple le panic érigé (Panicum virgatum) font de superbes partenaires de massifs. Le bleu violet profond de certaines variétés d’hysope, par exemple des hybrides d’Agastache Rugosa ‘Black Adder’ ou ‘Blue Fortune’ forme un contraste particulièrement réussi avec des vivaces à fleurs jaunes.

Dahlia pompon ’Jowey Winnie’ et hysope violet

Ici le dahlia pompon orange ’Jowey Winnie’ forme un superbe contraste avec l’hysope aux fleurs bleu violet.

Certaines espèces d’hysopes peuvent aussi être utilisées en cuisine. L’arôme de l’hysope (Agastache rugosa) originaire d’Asie du Sud-Est rappelle la menthe et l’anis. En Corée, elle sert à parfumer des crêpes et des potées de légumes. Avec la menthe de Corée, comme on l’appelle aussi, on peut également préparer une merveilleuse tisane. L’anis hysope originaire d’Amérique du Nord a un arôme prononcé d’anis et de fenouil à qui il doit aussi son nom. En cuisine, on peut l’utiliser partout où on utiliserait aussi des herbes aromatiques, par exemple dans des plats de poisson ou dans des salades. Avec son goût citronné, l’Agastache mexicana originaire du Mexique se prête surtout à la préparation de boissons rafraichissantes

Espèces et variétés importantes

Comme nous l’avons déjà expliqué, environ 22 espèces de vivaces appartiennent à la famille des hysopes et peuvent être réparties en deux sous-groupes très différents. D’un côté, on trouve les variétés originaires de Chine, de Corée et d’Amérique du Nord de l’Agastache rugosa souvent appelée ortie bleue, l’anis hysope (Agastache foeniculum), l’Agastache nepetoides et la fausse ortie (Agastache urticifolia) qui sont toutes utilisées dans nos régions comme variétés classiques de jardin. De nombreuses variétés de ces espèces sont disponibles dans le commerce, par exemple les hybrides populaires d’Agastache Rugosa ’Black Ader’ ou ’Blue Fortune’.

Le deuxième groupe comprend les variétés originaires de régions plus chaudes, comme l’Agastache mexicaine (Agastache mexicana) ou encore l’Agastache aurantiaca. En milieu naturel, elles poussent dans des endroits dégagés, secs et rocailleux du Mexique et de Californie et sont utilisées dans nos régions essentiellement comme fleurs annuelles en raison de leur sensibilité au gel.

C’est aux grands amateurs de croisement des espèces d’agastache que nous devons une palette de variétés en constante évolution et l’existence actuelle de variétés comme ’Sangria’ d’Agastache mexicana qui sont plus résistantes au gel que l’espèce sauvage.

Agastache mexicana ‘Sangria’

L’Agastache mexicana ‘Sangria’ est légèrement sensible au gel mais dans des régions de vignobles au climat doux, elle a de bonnes chances de surmonter l’hiver à l’extérieur.

Multiplication

Vous pouvez multiplier les espèces d’agastache résistantes en les divisant au printemps. Une autre méthode de multiplication consiste à utiliser des boutures semi-matures qui seront coupées en fin d’été après la floraison. Mais elles doivent d’abord passer l’hiver à l’abri du gel après la mise en culture. Comme expliqué précédemment, les agastaches produisent beaucoup de graines dont on peut se servir pour faire des semis. Mais cette méthode de multiplication ne fonctionne qu’avec les espèces pures. Les plantes de culture ne sont pas de variété aussi pure et doivent donc être multipliées par division ou par bouturage.

Maladies et parasites

Dans l’ensemble, les agastaches sont considérées comme robustes et peu sujettes aux maladies. Ce n’est qu’en cas de météo durablement humide qu’apparait parfois du mildiou et que les limaces peuvent poser problème.

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