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Bouleaux

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Le bouleau est très populaire, il est de plus d’une grande valeur écologique et s’utilise de diverses façons. Avec son tronc de couleur claire et son port gracile, il embellit tous les jardins. Tout ce qu’il faut savoir sur la plantation et les soins.

Origine

Il existe environ 40 espèces différentes de bouleaux (Betula) originaires des régions modérées et subarctiques ainsi que des montagnes de l’ensemble de l’hémisphère nord. Ils se sont parfaitement bien adaptés aux conditions climatiques dominantes. Le genre est éponyme de la famille des bétulacées (Betulaceae) à laquelle, outre les bouleaux, appartiennent aussi les aulnes (Alnus), les noisetiers (Corylus) et les charmes (Carpinus). Environ 10 espèces de bouleaux ont une grande importance pour le jardin.

Grâce à leur tronc noir-blanc à l’écorce écaillée, les bouleaux se différencient bien des autres arbres. Parmi les variétés autochtones, le bouleau pubescent (Betula pubescens) et le bouleau commun, également appelé bouleau blanc (Betula pendula), se rencontrent le plus fréquemment. Ils poussent partout là où les sols sont trop humides, trop secs, trop acides ou trop pauvres en nutriments pour les autres arbres. Car l’arbre pionnier avide de lumière est certes un véritable artiste en ce qui concerne l’emplacement avec peu d’exigences quant au sol, mais il ne se montre pas très résistant à la concurrence des autres arbres. Avec un âge de 120 ans maximum, le bouleau a une durée de vie assez courte.

Aspect et port

Les feuilles sont caduques et alternes, la plupart du temps relativement petites et, selon l’espèce, en forme de cœur ou arrondies. Les arbres forment des couronnes aérées, dressées, les extrémités des fines branches retombent souvent de façon charmante. Les fleurs mâles et femelles se dressent en chatons vert-jaune retombants. Les fleurs femelles sont pollinisées grâce au vent. Les fruits murs ne mesurent que quelques millimètres et possèdent deux ailes membraneuses très fines. Par vent fort, il sont dispersés à des kilomètres. L’écorce des espèces arborescentes est d’un blanc pur, blanc jaune ou légèrement rougeâtre, chez le bouleau noir (Betula nigra) marron-noir avec l’âge. Sur tous les arbres, l’écorce morte se détache en bandes plus ou moins larges.

Chatons de bouleau

Les fleurs du bouleau sont appelées chatons

Emplacement et sol

Comme mentionné plus haut, les bouleaux ont peu d’exigences quant au sol: ils poussent sur tous les sols secs à humides, sableux et marécageux, pauvres en nutriments. La seule exigence des bouleaux est un emplacement en plein soleil car ils sont littéralement avides de lumière.

Plantation

Comme, de nos jours, les bouleaux sont le plus souvent élevés en bacs et conteneurs, vous pouvez les planter toute l’année, à condition que les racines soient bien développées. Toutefois, il est préférable d’attendre jusqu’à l’automne pour cela. Au printemps, l’arbre est trop occupé avec le bourgeonnement des feuilles et la floraison proche pour s’enraciner solidement. Pour cela, creusez un trou d’environ deux fois la taille de la motte du bouleau. La profondeur de plantation doit être d’au moins un demi-mètre. Pour un meilleur drainage, vous pouvez ajouter au fond du trou une couche de gravier ou de sable. Installez l’arbre délicatement, remplissez à nouveau de terre et arrosez bien.

Soutenir un bouleau avec un pieu

La première année, il faut souvent attacher les jeunes bouleaux à un pieu pour plus de stabilité

Conseil: si besoin, un pieu apporte un soutien supplémentaire au bouleau la première année: veillez à l’installer avant l’arbre pour ne pas blesser les racines.

Conseils d’entretien

Evitez de transplanter les arbres une fois enracinés, car, même au printemps, les bouleaux ne poussent à coup sûr que s’ils ont été déterrés avec une motte de dimensions généreuses. Le moment idéal pour cela est celui où les bourgeons s’ouvrent un peu. On l’appelle stade oreille de souris.

Tailler

Généralement, il n’est pas nécessaire de tailler. S’il le faut quand même, la fin de l’été est préférable, car au printemps, les plaies importantes saignent beaucoup. L’éclaircie des troncs se fait également de préférence à la fin de l’été.

Hivernage ou protection hivernale

Toutes les espèces sont extrêmement rustiques, s’accommodent d’une courte période de végétation et, du fait de leur écorce de couleur claire, souvent presque blanche, elles sont immunisées contre les craquelures par le soleil d’hiver. Vous n’avez donc pas besoin de vous soucier d’une protection hivernale supplémentaire pour le bouleau.

Utilisation

Les bouleaux sont le plus souvent plantés en solitaire, toutefois en petits groupes, ils sont également très bien mis en valeur. Au jardin, ne les plantez pas trop près de la maison, car les grosses branches risquent de casser en cas de tempête. Par ailleurs, les feuilles et les graines bouchent facilement les gouttières. Si vous souffrez d’allergie au pollen de bouleau, ne plantez pas les arbres au jardin. Les plantations sous les arbres sont problématiques, car seuls vivaces et arbustes capables de résister à la concurrence peuvent s’imposer dans leur réseau de racines plat et dense. Parmi ceux-ci, ont trouve par exemple le lierre (Hedera), les chèvrefeuilles (Lonicera), le laurier-cerise (Prunus laurocerasus), les mahonias (Mahonia), la digitale (Digitalis), le grémil (Buglossoides), les (Hosta) et quelques espèces de géranium (Geranium). Les espèces buissonnantes poussent aussi volontiers sur des sols pas trop secs dans un jardin de bruyères et au bord d’un étang.

Plantations au pied des bouleaux

Le géranium par exemple est parfait au pied des bouleaux

En bordures de routes, les bouleaux ne conviennent que là où le sol n’est pas terrassé jusqu’au tronc. Souvent, les tourbières hautes drainées se transforment en forêts presque uniquement de bouleaux en quelques années. Là, les arbres ne sont pas les bienvenus car ils accélèrent l’assèchement et font de l’ombre à la sphaigne qui a besoin de clarté. Même en cas de renaturation, il peut s’écouler beaucoup de temps avant que haut niveau de la nappe phréatique ne fasse mourir les arbres. C’est pourquoi ils sont éliminés mécaniquement au préalable. En sylviculture, les espèces de bouleaux autochtones ont plutôt peu d’importance, toutefois leur bois est populaire comme bois de chauffage pour cheminées ouvertes car il a une valeur calorifique assez élevée et ne fait pas d’étincelles. Grâce aux huiles essentielles qu’il contient, il s’enflamme bien, même humide.

Le bouleau est un habitat important pour de nombreuses espèces d’animaux et de végétaux. De nombreux papillons pondent leurs œufs sur les feuilles. Souvent, les amanites tue-mouche se rencontrent à son pied. Elles vivent en symbiose avec l’arbre comme mycorhize et lui fournissent des nutriments.

Arbre de mai

Le bouleau sert d’arbre de mai sur de nombreuses places en Allemagne

Le bouleau est solidement ancré dans la tradition comme «arbre de lumière». Il est le symbole de la fécondité et de la lumière et est utilisé dans de nombreuses coutumes de printemps. L’arbre de mai est né d’un rite de fécondité des Germains. A l’époque, les hommes sortaient encore en forêt pour fêter. Déjà avant le 13ème siècle, la vieille coutume fut interdite et on commença à planter des arbres, le plus souvent des bouleaux, dans les villages. Les célibataires érigeaient un arbre de mai décoré devant la maison de leur bien-aimée dans la nuit du 1er mai. Aujourd’hui, les arbres de mai sont généralement dressés sur la place du marché. Cela doit garantir la fertilité à la localité pendant toute l’année.

Autrefois, on fabriquait des tuiles, des semelles de chaussures et des boîtes avec l’écorce imperméable. Ses brindilles servent aujourd’hui encore à fabriquer des balais, son bois du papier. Déjà dans l’Antiquité, on connaissait le pouvoir curatif de la sève, que l’on extrait encore aujourd’hui des arbres, en cas de rhumatismes et de goutte. On en fait du vin de sève de bouleau et du tonique pour les cheveux.

Espèces et variétés importantes

Le bouleau pubescent a un port plus dressé que le bouleau commun avec lequel il est facilement confondu. Ses jeunes branches sont duveteuses, l’écorce est moins craquelée à la base du tronc. Différentes espèces de bouleau sont plantées comme arbre d’ornement surtout à cause de l’écorce. Le bouleau de l’Himalaya (Betula utilis) resplendit avec son tronc d’un blanc très uniforme, chez le bouleau de Chine (Betula albosinensis), il est d’une remarquable couleur cuivre à brun-orange. Le bouleau commun (arbre de l’année 2000) se pare de petites feuilles vert tendre et d’une écorce blanche. A l’automne, il séduit avec ses couleurs d’un jaune doré intense. L’écorce du bouleau à papier est, sur les jeunes rameaux comme sur le tronc des sujets jeunes, encore brun rougeâtre, plus tard elle devient d’un blanc éblouissant. Le bouleau doré séduit aussi dans les petits jardins avec son écorce «dorée» et son feuillage jaune doré à l’automne. Les variétés de bouleaux blancs et pubescents (Betula pendula et Betula pubescens) sont également autochtones.

Multiplication

Betula pendula ‘Youngii’

Le Betula pendula ’Youngii’ fait merveille au jardin

Les espèces de bouleaux autochtones sont faciles à semer. Les formes pour jardin comme le bouleau commun (Betula pendula ’Tristis’), le bouleau pleureur (Betula pendula ’Youngii’) et le bouleau de l’Himalaya (Betula utilis ’Doorenbos) se multiplient par copulation sur des graines du bouleau blanc (Betula pendula). Dans le commerce, des greffes de couronne sur tiges de la forme pleureuse ’Youngii’ sont également disponibles.

Maladies et parasites

Comme pour la plupart des espèces d’arbres autochtones, quelques parasites posent problème aux bouleaux. Parmi eux, il y a par exemple le cigarier du bouleau (un coléoptère), le cimbex du bouleau, la punaise des chatons du bouleau ainsi que certaines espèces de pucerons.

La maladie la plus dangereuse pour les bouleaux est l’anthracnose: elle commence par des feuilles et fleurs flétries et peut faire mourir les arbres. La maladie touche en particulier les plantes qui poussent dans des régions au climat chaud orageux, sur des sols lourds, plutôt argileux. Il n’est possible de la combattre que sous condition en coupant généreusement très tôt les rameaux touchés. Les autres maladies comme la rouille ou le mildiou ne provoquent pas d’importants dégâts et n’ont donc pas besoin d’être combattues. Par contre, la taphrine du bouleau (Taphrina betulina) est responsable d’une malformation, généralement connue comme «balai de sorcière». Le bouleau forme toujours aux endroits touchés de nouvelles pousses qui deviennent des nids broussailleux dans les branches. Nos ancêtres croyaient que ces excroissances broussailleuses étaient les balais des sorcières restés dans l’arbre.

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