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Chèvrefeuille, chèvrefeuille des haies

Sarah Stehr Sarah StehrKathrin Hofmeister Kathrin Hofmeister

Le genre des chèvrefeuilles (Lonicera) comprend des plantes grimpantes aux fleurs parfumées ainsi que de nombreux arbustes caduques et persistants. A cause de cette polyvalence, il est très populaire chez les jardiniers.

Généralités

Quand on pense au genre des chèvrefeuilles (Lonicera), également appelé chèvrefeuille des haies, on pense d’abord surtout aux plantes grimpantes en lianes. Mais en fait, ce sont environ 180 espèces rustiques aux ports les plus différents qui appartiennent à ce genre: outre les espèces grimpantes, il existe aussi des variétés à port bas parfaites pour végétaliser des surfaces et des buissons à port dressé. Dans tous les groupes, il existe aussi bien des espèces caduques que persistantes qui sont originaires essentiellement de l’hémisphère nord. Le genre, de la famille des caprifoliacées (Caprifoliacées), offre ainsi au jardinier une multitude d’utilisations possibles.

Les espèces sont différentes aussi bien dans la forme du port que dans la hauteur. Pendant que quelques uns des représentants grimpants peuvent atteindre jusqu’à 8 mètres de haut, par exemple Lonicera x heckrottii ’Goldflame’, les espèces et variétés basses ne mesurent en partie que 50 centimètres de haut. Mais elles compensent volontiers cette faible hauteur par la largeur. Ainsi par exemple, un seul exemplaire du chèvrefeuille persistant ’Hohenheimer Frühling’ (Lonicera nitida) mesure seulement entre 50 et 70 centimètres de hauteur, mais peut tout à fait atteindre 1,5 mètre de large avec les années. Les chèvrefeuilles sont surtout connus pour leur croissance rapide: le numéro un ici est le chèvrefeuille persistant (Lonicera henryi), qui fait partie des espèces lianes avec une croissance annuelle de 60 à 100 centimètres.

Lonicera x brownii

Lonicera x brownii séduit avec des fleurs d’un rouge éclatant

Qu’ils soient grimpants, bas ou dressés, caduques ou persistants: tous les chèvrefeuilles ont en commun la forme de leurs feuilles. Elles sont alternes, simples, le plus souvent entières et rarement lobées. Par contre, il y a quelques différences entre les fleurs. Beaucoup d’espèces grimpantes et lianes, comme le chèvrefeuille rampant (Lonicera acuminata), le chèvrefeuille persistant et Lonicera x heckrottii, un croisement, né en Amérique, entre Lonicera x americana et Lonicera sempervirens, ont de très belles fleurs, pour certaines au parfum intense. Tandis que les fleurs se dressent par deux sur un pédoncule dans le cas des arbustes dressés, elles forment des volutes dans le cas des espèces grimpantes. Le spectre de couleurs va du blanc, par exemple le chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium), en passant par le jaune, comme le chèvrefeuille bleu (Lonicera caerulea), au rouge éclatant (Lonicera x brownii ‘Dropmore Scarlet’).

La floraison varie d’une espèce à l’autre. De nombreux chèvrefeuilles des haies fleurissent au début du printemps, entre mai et juin. Pourtant un chèvrefeuille séduit déjà bien plus tôt dans l’année avec ses fleurs blanc crème à jaune pâle, notamment quand les plantes fleuries sont encore rares. La surprise est d’autant plus grande quand un arbre feuillu fait des fleurs dans un jardin nu et qui en plus sentent merveilleusement bon. Le chèvrefeuille
d’hiver (Lonicera x purpusii) fleurit l’hiver, souvent même dès le mois de décembre, même si la principale période de floraison se situe plutôt en février/mars. Par contre, le reste du printemps et de l’été, l’arbuste est plutôt discret. Après la floraison, les chèvrefeuilles forment des petites baies rouges ou noires dont certaines sont légèrement toxiques.

Chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica)

Le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica) devient un arbuste touffu de 3 à 4 mètres de haut. Très robuste, il bourgeonne souvent dès la fin du mois de février et fleurit de mai à juin

Outre les fleurs, les arbustes persistants aussi jouent un rôle particulier dans le genre des chèvrefeuilles, bien sûr en hiver surtout, quand on se réjouit toujours de voir un peu de couleur. Et là, les chèvrefeuilles ont de vrais atouts: parmi les représentants de petite taille, buissonnants, les chèvrefeuilles persistants (Lonicera nitida), également appelés chèvrefeuilles arbustifs et le chèvrefeuille à cupule (Lonicera pileata) se sont imposés comme couvre-sols. Les petits buissons semblables supportent la chaleur, la sécheresse et la pression racinaire.

Leurs cousins grimpants se prêtent à plus de hauteur. Parmi les 180 espèces environ du genre Lonicera, tout le monde connaît le chèvrefeuille des jardins à l’abondante floraison au début de l’été, dont les fleurs répandent un parfum intense qui attire les papillons de nuit le soir. L’hiver, le chèvrefeuille persistant (Lonicera henryi) sait se faire apprécier, c’est l’une des rares plantes grimpantes à garder son feuillage toute l’année. Les feuilles vert foncé luisantes indiquent que la plante grimpante aime les emplacements mi-ombragés à ombragés.

Dans l’ensemble, les chèvrefeuilles sont assez peu exigeants quant à l’emplacement. Comme ils forment des racines profondes, ils peuvent, une fois bien installés, bien s’affirmer face à la pression racinaire des grands arbres. Même les périodes de sécheresse estivale ne les affecteront alors presque pas. Mais en principe, la plupart des chèvrefeuilles préfèrent plutôt les sols frais à humides, perméables et riches en humus. Les besoins en lumière varient d’espèce en espèce, d’ensoleillé à ombragé. C’est pourquoi, renseignez-vous précisément lors de l’achat d’un chèvrefeuille sur ses besoins.

Chèvrefeuille persistant ’Maigrün’ (Lonicera nitida)

Le chèvrefeuille persistant ’Maigrün’ (Lonicera nitida) est souvent utilisé en remplacement du buis en raison de ses petites feuilles vert foncé

Utilisation

Les espèces de chèvrefeuille permettent des utilisations très variées en raison de leurs nombreuses formes différentes. Les sujets bas, buissonnants, comme le chèvrefeuille à cupules et le chèvrefeuille persistant peuvent servir à végétaliser sous des arbres. Mais ils supportent aussi très bien la taille et font par conséquent bonne figure en plantation isolée dans un parterre et en bac. En raison de leur faible hauteur, les chèvrefeuilles persistants, comme Lonicera nitida ’Maigrün’ ou ’Elegant’, sont un bon substitut au buis souvent infesté par la pyrale du buis.

Les chèvrefeuilles grimpants font partie des espèces lianes. C’est pourquoi ils préfèrent les supports sous forme d’espaliers et les supports verticaux. Si, en se tournant, les tiges ne trouvent pas d’appui, elles se courbent vers le bas. Comme elles poussent en partie très rapidement, les espèces persistantes conviennent très bien à la végétalisation rapide d’un mur ou d’une pergola.

En raison de son parfum intense, on plante le chèvrefeuille d’hiver de préférence le long des allées ou sur une clôture. Il est également d’un bel effet dans un coin qu’il embellit et dont il fait le but de vos sorties au jardin. Vous pouvez accentuer l’effet avec des fleurs de début de printemps: avec les années, crocus, scilles et cyclamens forment des tapis entiers sous l’arbuste.

Les espèces persistantes, au port dressé, comme le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica), deviennent avec le temps de beaux arbustes dont la floraison estivale est un moment particulier. Plantés en isolés, ils sont aussi bien mis en valeur que dans une haie mixte. Pour profiter le plus possible de leur parfum intense, il est recommandé de les planter à proximité de la terrasse ou le long d’une allée.

Chèvrefeuille grimpant

Tout comme la clématite ou les rosiers grimpants, le chèvrefeuille est une grimpante idéale pour les coins retirés et discrets

Taille

Aussitôt après la floraison, il convient de tailler les espèces à port buissonnant. Rabattez les tiges défleuries à une tige secondaire. L’année suivante, les fleurs se formeront en plus grand nombre sur les nouveaux rameaux. Éclaircissez les arbustes âgés en rabattant jusqu’à la base environ un quart des rameaux les plus âgés.

Les sujets grimpants parmi les chèvrefeuilles ont tendance à se dénuder du bas avec le temps. Par conséquent, rabattez au ras du sol environ un tiers des rameaux principaux tous les 2 ou 3 ans au printemps. En plus de cette taille de rajeunissement, vous pouvez rabattre ou éclaircir de temps en temps en été les rameaux fanés devenus trop longs. Cette recommandation s’applique à toutes les variétés de chèvrefeuille à floraison estivale.

Fruits d’un chèvrefeuille (Lonicera)

Selon l’espèce, les fruits des chèvrefeuilles sont rouges ou bleus et légèrement toxiques

Multiplication

La multiplication des chèvrefeuilles varie en fonction du port. Les chèvrefeuilles grimpants se multiplient de préférence par boutures prélevées sur les rameaux non ligneux en juin pour les espèces caduques, en juillet pour les espèces persistantes. Les espèces persistantes, à petites feuilles, comme Lonicera nitida, se multiplient également par boutures. Vous pouvez multiplier les buissons parmi les chèvrefeuilles par boutures dormantes. La meilleure période pour cela est en hiver, entre décembre et février. Si vous ne voulez qu’une petite quantité de jeunes exemplaires de vos chèvrefeuilles grimpants, vous pouvez aussi recourir au marcottage.

Maladies et parasites

Les chèvrefeuilles sont relativement robustes face aux maladies et aux parasites. Toutefois, une infestation de différents pucerons, que vous reconnaissez aux feuilles en partie fortement rabougries, peut se produire. Des feuilles roulées sur elles-mêmes ou décolorées sont un signe d’infestation. Si vous découvrez des sécrétions cireuses blanches sur votre plante, elles sont dues à la cochenille farineuse. Les deux espèces de nuisibles se combattent de préférence avec une préparation biologique parce que le miellat sécrété par les poux attire de nombreuses abeilles, qui seraient autrement affectées.

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