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Cotonéaster

Eva Monning Eva Monning

Feuillage persistant, floraison abondante, fruits rouge vif - les cotonéasters sont de véritables multi-talents. Voici comment planter et prendre soin de ces arbustes polyvalents.

Origine

Avec leurs 90 espèces environ, les cotonéasters (Cotoneaster) appartiennent à la famille des maloideae (Pyrinae) et, comme le buisson ardent (Pyracantha) et l’amélanchier, ils font partie de la famille riche en espèces des rosacées (Rosaceae). Ils sont originaires des latitudes tempérées d’Asie (surtout de Chine et de l’Himalaya), d’Afrique et d’Europe, les espèces particulièrement basses montant dans les régions montagneuses jusqu’à 4000 mètres d’altitude.

Le nom latin cotonéaster date déjà de l’époque romaine et signifie à peu près « coing inutile ». Mais ce nom n’est pas vraiment adapté aux cotonéasters. A propos : la nomenclature botanique reconnaît avec la dénomination aussi bien la forme femelle que la forme mâle du cotonéaster, la désignation mâle étant la désignation latine correcte.

Aspect et port

Les cotonéasters existent dans de nombreuses espèces et formes basses et rampantes, mais ils peuvent aussi, selon la variété, devenir des arbres de plus de 10 mètres de haut. Toutefois, les cotonéasters ont toujours tendance à pousser en largeur, ce dont il faut tenir compte lors de la planification du jardin ou des massifs. Le feuillage dense avec des petites feuilles vert foncé brillant, qui, dans de nombreuses espèces, restent sur le buisson aussi en hiver, est caractéristique des cotonéasters. Leurs fleurs apparaissent en mai et juin en blanc, rose et rouge et se rassemblent la plupart du temps en touffes, grappes ou en panicules corymbiformes. Elles donnent naissance à l’automne des fruits rouges ou jaunes qui ressemblent visuellement à de très petites pommes.

Ces fruits sont une nourriture appréciée des oiseaux jusque tard en hiver. Les fruits du cotonéaster bulleux (Cotoneaster bullatus) lui ont même valu le surnom en allemand de « arbre à pain des merles ». Les fleurs attirent de nombreuses abeilles et papillons. C’est pourquoi les cotonéasters font partie des principales plantes nourricières de la faune des jardins. Le cotonéaster contient la glycoside amydgaline semblable à l’acide cyanhydrique, c’est pourquoi toutes les parties de la plante, y compris les fruits, sont faiblement toxiques pour l’homme. Mais des conséquences graves pour la santé n’apparaissent qu’après le consommation d’importantes quantités.

Fruits du cotonéaster

Le cotonéaster persistant, avec ses fruits qui restent longtemps en place, est une nourriture bienvenue pour les animaux d’hiver

Emplacement et sol

Tous les cotonéasters préfèrent un emplacement ensoleillés à mi-ombragé et un sol riche, perméable, qui peut volontiers être calcaire. Plus l’endroit est ensoleillé, plus la floraison est importante. Mais au total, les cotonéaster sont très flexibles et s’accommodent aussi de conditions d’emplacement défavorables, ils ne supportent seulement pas l’eau stagnante. Ils s’accommodent assez bien par contre de la chaleur et la sécheresse passagère. C’est pourquoi et en raison de leur besoin de se propager, les cotonéasters sont classés comme plantes invasives dans certains pays et, parfois, leur importation est totalement interdite, par exemple en Suisse.

Plantation

Le cotonéaster se plante en hiver entre octobre et mai. Avant la plantation, il faut ameublir le sol et éliminer les mauvaises herbes. Les sols lourds s’améliorent avec des graviers ou du sable. En particulier, lorsque le cotonéaster doit servir de couvre-sol, il est essentiel d’éliminer d’abord les mauvaises herbes. La distance de plantation dépend de la densité voulue plus tard et de la variété, mais elle ne doit pas être inférieure à 50 centimètres pour que les plantes aient suffisamment la place de pousser. La plupart du temps, les cotonéasters sont proposés en containers et peuvent donc être plantés tout au long de l’année.

Juste avant de planter, plongez la motte de racines dans un seau d’eau jusqu’à disparition des bulles d’air à la surface. Une fois installés, les arbustes doivent être bien arrosés et, les premières semaines, la motte de racines ne doit jamais sécher. Une taille aussitôt après la plantation permet aux buissons de bien se ramifier et de couvrir le sol totalement. Quelques variétés de cotonéaster sont également parfaites en bac. Certaines variétés à croissance faible sont aussi proposées en arbustes greffés sur tige qui sont très attractifs aussi sur la terrasse.

Mur en pierre couvert d’un cotonéaster

Les cotonéasters rampants ornent les sommets des murets et les jardins de rocaille

Conseils d’entretien

Les cotonéasters font partie des buissons qui poussent sans problème avec un minimum d’entretien et se couvrent de belles fleurs et de beaux fruits. Les premières années après la plantation, une fertilisation de fond avec du compost et de la poudre de corne est bénéfique, en début de période de croissance, au garnissage rapide par un couvre-sol d’une surface nouvellement aménagée. Si les étés sont chauds et secs, il faut en outre arroser de temps à autre. Une couche de paillis en protection garde l’humidité du sol. En bac, les plantes ont besoin d’apports d’engrais tout au long de l’année pour pousser en bonne santé dans des espaces restreints. Pour certaines espèces en bac, veillez aussi à une bonne protection hivernale. Si l’hiver est plutôt doux, n’oubliez pas d’arroser.

Tailler

Les cotonéasters supportent très bien la taille. Une généreuse taille régulière assure un bon rajeunissement et une bonne ramification des plantes, mais n’est pas absolument indispensable. Vous pouvez tailler sévèrement les espèces couvre-sol en cas de besoin. Elles supportent bien aussi d’être taillées dans le vieux bois. Par contre, les espèces à port buissonnant sont seulement éclaircis. Si elles prennent trop de place, il est possible de rabattre les parties nouvelles des branches à l’exception d’une branche latérale. Le moment de la taille dépend de l’espèce : les persistants sont taillés de préférence au printemps avant le débourrement. Les variétés caduques sont taillées à la fin de l’hiver. Si vous voulez avoir le plaisir de la floraison, vous pouvez encore tailler autour de la Saint-Jean (23 juin). Les tailles de formation des bordures de cotonéasters se pratiquent également à cette période. Vous pouvez rabattre au ras du sol les pousses gênantes ou mortes à tout moment. Contrairement au buisson ardent, les cotonéasters n’ont pas de piquants ou d’épines. Cela rend la taille beaucoup plus agréable.

Cotonéaster avec des fleurs et des fruits

Buisson d’ornement attractif : certaines variétés de cotonéaster fleurissent et fructifient en même temps

Utilisation

Pendant longtemps, les espèces de cotonéasters rampants et leurs formes horticoles ont été utilisées essentiellement pour la végétalisation de surfaces et talus faciles à entretenir dans les espaces verts publics et sur les ronds-points ainsi que comme plantation de pierres tombales. Cela a valu une réputation douteuse à ces arbustes d’ornement en fait plutôt décoratifs : Ainsi, quelques entreprises d’aménagement paysager furent qualifiées de « Bombardier ABC », « ABC » pour asphalte, béton et cotonéaster.

Entretemps, les cotonéasters reviennent à nouveau plus souvent dans les jardins, pas seulement comme couvre-sol, mais également en haies d’entourage, en accompagnement de rosiers et même en buissons solitaires. Les espèces couchées à faible croissance s’utilisent aussi très bien dans un jardin de rocailles. Les espèces plus hautes se taillent en haies ou topiaires ou s’intègrent en groupe dans des plates-bandes d’arbustes.

Espèces et variétés importantes

Parmi les représentants à port élégant dressé, le cotonéaster multiflorus comptent parmi les arbustes les plus décoratifs. En plantation isolée, le buisson caduque de 2 à 3 mètres de haut, comme la plupart des cotonéasters, devient beaucoup plus large que haut. Les branches arquées avec leurs fleurs blanches, parfumées retombent à la façon d’une traîne. Il existe parmi les cotonéasters rampants (Cotoneaster dammeri) de nombreuses variétés qui conviennent parfaitement à la végétalisation. Le couvre-sol ’Queen of Carpets’ (Cotoneaster dammeri) ne mesure que 15 centimètres de haut environ et pousse également surtout en largeur. Pour bien couvrir le sol, 6 plantes par mètre carré suffisent. En mai et juin, le couvre-sol fleurit rose clair, plus tard, ses baies rouges apportent une note de couleur.

Le cotonéaster rampant ’Juliette’ (Cotoneaster dammeri) se remarque par ses feuilles bicolores. Souvent, ce couvre-sol beaucoup plus haut, jusqu’à 130 centimètres, est aussi proposé sur tige. Les baies restent en place jusqu’au printemps. Le cotonéaster horizontal (Cotoneaster horizontalis) s’étend sur des blocs de pierre, végétalise des murs et, avec ses couleurs d’automne flamboyantes, apporte des touches de couleur entre vivaces et autres petits buissons. Sur des murs de jardin, il pousse jusqu’à 2 mètres de haut et retombe de l’autre côté. Les rameaux latéraux presque horizontaux et régulièrement disposés sont frappants et donnent aux branches un air d’arête de poisson. L’obtention au feuillage vert clair ’Rotschildianus’ avec ses fruits jaune pâle et l’espèce très étalée, d’environ 6 mètres de haut Cotoneaster x watereri ’John Water’, avec des fruits rouge sang, ont été primées par la Royal Horticultural Society. La variété ’Cornubia’ (Cotoneaster watereri), avec ses fruits denses, rouge clair, fait partie des plus beaux buissons persistants en général. Elle peut atteindre jusqu’à 4 mètres de haut.

Cotonéaster aux couleurs d’automne

L’automne fait apparaître de nouvelles couleurs sur les feuilles et les fruits

Multiplication

Dans la plupart des cas, multiplier les cotonéasters est un jeu d’enfant : Prélevez sur les plantes des boutures de 10 centimètres de long de préférence. Retirez les feuilles sur l’extrémité inférieure, piquez dans du terreau de bouturage et couvrez d’une cloche en film plastique. Maintenez le substrat uniformément humide, l’enracinement réussit normalement assez sûrement. Dans le cas de semis, il faut noter que le cotonéaster germe à froid. Semez les graines au début de l’hiver dans une coupe à semis et laissez les gonfler quelques jours dans un endroit chaud. Ensuite, placez le pot pendant l’hiver pour stratifier dans un endroit abrité à l’extérieur. A partir de mars, les graines germent avec assez de fiabilité. Les semis ne sont toutefois judicieux que pour les espèces sauvages, les nombreuses formes cultivées multipliées de cette façon ne sont pas de lignée pure.

Quelques variétés de haute taille, comme ’Cornubia’, sont souvent multipliées aussi en janvier par greffage, le plus souvent par copulation ou en pied-de-biche. Mais les deux méthodes sont plutôt réservées aux professionnels.

Maladies et parasites

Malheureusement, le cotonéaster est souvent victime du feu bactérien. La bactérie du nom de Erwinia amylovora pénètre au printemps et en été par les jeunes tiges et fleurs dans la plante et provoque la mort rapide des feuilles, des tiges et des jeunes fruits. Les parties de la plante touchées se recourbent vers le bas, deviennent noires et ont un aspect brûlé. Le feu bactérien peut se répandre de façon épidémique et attaque rapidement d’autres fruits à noyau. Les plantes touchées doivent être arrachées immédiatement et l’infestation signalée. C’est pourquoi, il est recommandé, lors de la plantation au jardin, de respecter une distance suffisante avec les arbres fruitiers. De plus, pucerons et cochenilles farineuses grouillent sur les cotonéasters, ils sont aussi les principaux transmetteurs du feu bactérien.

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