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Faux cyprès

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Les faux cyprès sont surtout appréciés comme plantes de haies, mais selon leur espèce et leur variété, ils se prêtent également bien à une plantation en isolé ou même en pot. Nous vous présentons ici cette famille riche de nombreuses espèces et vous donnons des conseils de plantation et d’entretien.

Généralités

Le genre végétal des faux cyprès (Chamaecyparis) appartient à la famille des cupressacées (Cupressaceae) et est étroitement apparenté au cyprès commun (Cupressus sempervirens) originaire de l’espace méditerranéen. On connait à ce jour six espèces qui sont répandues dans la partie septentrionale d’Amérique du Nord et dans l’Est de l’Asie. Il s’agit de conifères persistants qui ressemblent en partie assez aux thuyas (Thuja). Ils se différencient de ces derniers par leur port généralement plus érigée et leur croissance plus faible et par leurs cônes arrondis. Les thuyas ont généralement un port plus vigoureux et plus étalé, et ils portent par ailleurs des petits cônes allongés. L’éventail de couleurs est également plus large chez les différentes variétés de faux cyprès que chez les thuyas. Par exemple, on ne trouve presque pas de variétés à écailles gris-bleu dans la famille des thuyas.

Comme plantes de jardin, seules quatre espèces de faux cyprès sont recherchées, et parmi elles, c’est le Chamaecyparis lawsoniana (Chamaecyparis lawsoniana, photo du haut) qui joue le plus grand rôle. On le trouve dans de nombreuses variétés qui forment essentiellement des couronnes en colonne ou en boule, parfois aussi rondes et compactes L’éventail de couleurs comprend les nuances les plus diverses de vert, de jaune, de gris et de bleu. Les variétés les plus vigoureuses, comme par exemple ’Alumii’, de couleur gris acier, peuvent atteindre 15 mètres de hauteur même en Allemagne, la forme naine ’Pygmea Argentea’ ne mesure qu’un bon mètre.

Cyprès pleureur

Le cyprès pleureur d’Alaska (Chamaecyparis nootkatensis ‘Pendula’) est aussi appelé cyprès à crinière en raison de son port retombant.

Sont également bien répandus dans les jardins, le faux cyprès Sawara (Chamaecyparis pisifera) ainsi que le faux cyprès Filifera (Chamaecyparis pisifera var. filifera) ou le faux cyprès jaune Sungold et le faux cyprès vert Nana, qui sont des mutations aux rameaux retombant en fils qui poussent généralement en forme de sphère aplatie ou de coussin. Même chez ces plantes, on trouve également des espèces présentant différentes couleurs de feuilles. Le faux cyprès d’Alaska (Chamaecyparis nootkatensis) a un port érigé en colonne aux extrémités de branches retombantes, et forme à l’âge adulte une couronne pittoresque. Ce beau port retombant est particulièrement développé chez la variété ’Pendula’. Le faux cyprès Hinoki (Chamaecyparis obtusa), appelé aussi cyprès Hinoki forme un buisson plutôt large ou en forme de coussin, et pousse lentement. Une variété bien appréciée est ’Aurora’ à feuillage doré qui ne dépasse pas 80 à 100 centimètres de hauteur, ou la variété ’Nana Gracilis’ de la même taille, à feuillage vert.

Faux cyprès de Sawara

Les rameaux du faux cyprès de Sawara (Chamaecyparis pisifera ‘Filifera’) retombent comme des fils.

Tous les faux cyprès ont des branches fortement aplaties portant des aiguilles en écailles, des cônes arrondies de la taille d’un petit pois et, en fonction de la variété, des extrémités de rameaux généralement légèrement penchées à fortement retombantes. Les faux cyprès sont monoïques, c’est-à-dire qu’ils portent sur une même plante des fleurs purement mâles et des fleurs purement femelles. Les fleurs mâles de la taille d’une tête d’épingle apparaissent en grand nombre aux extrémités des rameaux. Elles sont d’abord d’un rouge orangé lumineux puis deviennent marron foncé en séchant.

Les faux cyprès aiment les emplacements abrités au soleil ou à mi-ombre, au sol frais à humide, sablonneux argileux qui peut être alcalin à légèrement acide. En général, les faux cyprès préfèrent des emplacements plutôt frais à l’atmosphère humide Ils supportent mieux l’ombre et la sécheresse que les thuyas, ils sont toutefois aussi plus sensibles au gel. Toutes les parties des plantes sont toxiques, leur contact peut provoquer des irritations cutanées, et des nausées et des vomissements en cas d’ingestion. Les faux cyprès de Lawson, aussi appelés cèdres de l’Oregon et les cyprès d’Alaska jouent également un rôle important dans l’économie forestière de leur région d’origine en Amérique du Nord. Ils fournissent un bois léger mais très durable qui est notamment volontiers utilisé pour la construction des maisons et des bateaux.

Faux cyprès nain Hinoki du Japon:

De nombreuses variétés du faux cyprès Hinoki (Chamaecyparis obtusa) poussent très lentement et se prêtent donc également à la plantation en pot. Le grand classique est la variété ’Nana Gracilis’ (photo)

Utilisation

Les faux cyprès polarisent le monde du jardinage aussi fréquemment que les thuyas qui sont leurs cousins. Pour de nombreux jardiniers amateurs, ce sont des plantes typiques des cimetières qui n’ont pas leur place dans un jardin. Mais finalement, tout dépend de la manière dont on utilise ces plantes dans un jardin. En réalité, des plantations composées uniquement de faux cyprès de différentes variétés ne font pas une impression très naturelle. Mais si on utilise des variétés comme le cyprès pleureur d’Alaska en plantation isolée, ils ne ratent jamais leur effet. Les variétés naines sont surtout utilisées de préférence comme ornements funéraires mais depuis quelques années, on les rencontre aussi de plus en plus comme plantes en pot faciles d’entretien, persistantes et rustiques. Elles s’intègrent également bien à un jardin de rocailles ou un jardin de bruyère. Les variétés érigées du faux cyprès de Lawson sont surtout appréciées comme plantes de haies à feuillage persistant. Avec des variétés comme ’Alumii’ ou ‘Columnaris’, on peut facilement obtenir des haies étroites, opaques et faciles à entretenir.

Si on veut utiliser des faux cyprès dans un jardin, il faut les planter de préférence en isolé ou en petits groupes. Résistez à la tentation de planter un bric-à-brac de diverses variétés et de différentes couleurs de feuillage, il est plus judicieux de combiner plusieurs faux cyprès de la même variété avec des feuillus caduques ou persistants. On voit aussi souvent dans les jardins des haies composées de variétés de faux cyprès jaunes et bleus plantés en alternance. C’est bien entendu aussi une question de goût mais au plan esthétique, c’est au moins discutable. Les faux cyprès sont également très appréciés pour la culture comme bonsaïs de jardin. Cela donne souvent des sujets bizarres avec plusieurs branches principales dénudées qui ne portent des feuilles qu’à leur extrémité. Les sujets en colonne au feuillage disposé en hélice sont aussi très appréciés.

Taille

Les faux cyprès supportent très bien la taille. Le mieux est de mettre les haies en forme une fois par an aux alentours de la St Jean. Il est important de procéder tous les ans à une taille de formation car les haies de faux cyprès qui n’ont pas été coupées pendant plusieurs années ne sont plus très faciles à remettre en forme. La raison en est que les faux cyprès, tout comme les thuyas, ne repoussent plus à partir des branches les plus âgées après une taille sévère. Ne taillez donc pas la haie plus loin que dans la partie encore constituée d’écailles. Les bonsaïs de jardin doivent être mis en forme au moins deux fois par an, mais ici aussi, lors de la taille, vous devez tenir compte du fait qu’une branche ou un arbre qui a été dépourvu de ses rameaux latéraux restera éternellement nu à ces endroits.

Autres soins

En cas de sécheresse, principalement les faux cyprès fraichement plantés doivent être arrosés sans tarder et abondamment. De même en hiver, après des périodes prolongées de gel, il est important de faire un apport supplémentaire d’eau lorsqu’il n’y a pas eu de précipitations pendant un long moment. Les sujets cultivés en pot ont besoin en hiver d’un emplacement à l’ombre sans exposition directe au soleil, et par ailleurs, le pot doit être légèrement isolé contre le froid. Pendant la saison, les plantes en pots doivent recevoir un apport régulier de fertilisation liquide pour plantes vertes alors que les arbres plantés en terre ont besoin au mieux d’un apport de compost au printemps.

Multiplication

Les espèces sauvages de faux cyprès peuvent se multiplier à l’automne par semis. Même sous nos latitudes, ils produisent des graines qu’on trouve toutefois rarement dans les jardineries et il est donc rare qu’on les plante. La multiplication de la plupart des variétés de Chamaecyparis lawsoniana et de Chamaecyparis pisifera se fait par boutures. Pour cela, comme pour le thuya, on utilise ce qu’on appelle des boutures sur bois tendre, c’est-à-dire des rameaux latéraux des pousses principales obtenues par arrachement. La multiplication par boutures est plus difficile chez la plupart des variétés de Chamaecyparis obtusa et de Chamaecyparis nootkatensis. Les jeunes plants des variétés du faux cyprès Hinoko obtenus par bouturage poussent en partie très lentement, raison pour laquelle ils sont greffés en été par incision latérale sur des plantons de faux cyprès de Lawson. La forme retombante ’Pendula’ du cyprès d’Alaska est greffée sur des plantons de la variété sauvage car elle est incompatible avec le cyprès Lawson.

Maladies et parasites

Les faux cyprès peuvent être attaqués par la mineuse des thuyas et différentes maladies fongiques peuvent entrainer une coloration marron des pointes des rameaux. Mais des rameaux ou des parties de rameaux marron peuvent être aussi dus à une manque d’eau, à de l’eau stagnante, au sel de déneigement ou à des gelées tardives.

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