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Rosiers

Question floraison, les rosiers sont imbattables. Et le mieux: il existe des variétés pour tous les goûts et tous les emplacements. Conseils pour la plantation et les soins.

Généralités

Les rosiers sont imbattables en termes de splendeur de la floraison. Petites ou grosses fleurs, simples ou doubles, parfumés ou non, blanc, rose, rose vif, orange, jaune ou mauve, à floraison unique en début d’été ou remontant jusqu’en octobre, il existe des rosiers pour tous les goûts et tous les emplacements. Ils appartiennent à la famille des rosacées (Rosaceae) et sont en même temps le genre végétal éponyme (Rosa).

De nombreux rosiers sauvages comme le rosier des chiens (Rosa canina) ou l’églantier rouge (Rosa rubiginosa) sont originaires de nos régions. En Europe Centrale, les rosiers sauvages autochtones étaient déjà utilisés par les Celtes et les Germains comme le montrent des cynorhodons découverts dans des habitats. Au Moyen Âge, la rose gallique (Rosa gallica ’Officinalis’) était cultivée comme plante médicinale. Avec l’arrivée d’espèces en provenance d’Asie, d’Afrique et de Perse, la culture des rosiers débuta aux 16ème et 17ème siècles, car maintenant il était possible d’hybrider d’importantes qualités comme la floraison remontante, en fleurs groupées et jaune avec nos rosiers sauvages locaux. Depuis, de nouvelles variétés n’ont cessé et continuent de voir le jour, elles valorisent tous les jardins et font le bonheur des amoureux des roses.

Alors qu’il y a encore quelques décennies, la rose passait pour une diva un peu capricieuse et qu’il fallait pratiquement rester à côté avec des produits à pulvériser pour éviter les maladies comme l’oïdium et la maladie des taches noires, entretemps de plus en plus de jardiniers osent maintenant d’essayer de nouvelles variétés de roses saines, robustes et florifères qui s’épanouissent admirablement sans demander trop de soins.

Mais, la meilleure santé des plantes n’est pas seule à avoir donné un coup de pouce à la popularité des roses ces derniers années. En effet, une autre tendance, qui a pris naissance en Angleterre, s’est développée en même temps: la nostalgie des fleurs doubles, merveilleusement parfumées et qui rappellent les variétés historiques. Les amateurs de roses du monde entier se sont jetés dessus, et les cultivateurs ont alors commencé à combiner systématiquement ces deux qualités. Le résultat parle de lui-même: ces dernières années, de plus en plus de roses sont arrivées sur le marché, qui non seulement impressionnent les yeux et le nez, mais marquent aussi des points pour la maturité de la floraison et la santé. Outre les fleurs nostalgiques, populaires, il convient de noter une petite tendance pour des fleurs simples, à l’aspect naturel, rappelant les roses sauvages mais qui fleurissent tout l’été sur des petits buissons, richement ramifiés et qui attirent de nombreux insectes. Les roses sont donc aussi très convoitées comme plante mellifère.

Une nouvelle tendance à la hausse est apparue récemment, en particulier pour les rosiers à grandes fleurs, qui, ont pris du retard par rapport aux rosiers à port buissonnant et à la floraison plus abondante. Ici aussi, les nouvelles obtentions offrent de meilleures propriétés. Certaines variétés ont même obtenu entretemps le très convoité label ADR, impensable encore il y a quelques années pour les rosiers à grandes fleurs.

La palette de couleurs des fleurs de rosiers est si large que, hormis les tons bleus toutes les teintes sont présentes. Le nombre de pétales, la forme et la taille des fleurs également, ainsi que l’intensité du parfum, garantissent d’innombrables variantes de fleurs. Qu’ils soient petits, rampants, ou grimpants sur plusieurs mètres en hauteur: la diversité ne s’arrête pas aux formes et aux couleurs des fleurs, mais s’étend aussi aux nombreuses formes de port, au moyen desquelles les rosiers sont classés dans différentes catégories. Mais, ces limites s’estompent en partie un peu avec les obtentions modernes, surtout entres les rosiers couvre-sol et les rosiers à fleurs groupées.


Pour beaucoup de jardiniers, c’est la floraison qui est le plus important, car les rosiers sont de plus en plus souvent achetés en pot et de ce fait la classification exacte dans une catégorie de rosiers devient secondaire. Rosiers à grandes fleurs, à fleurs groupées, arbustifs et nains poussent tous au jardin et c’est la seule chose qui compte lors du choix. Les rosiers paysagers à croissance vigoureuse peuvent se cultiver comme petits rosiers grimpants, les rosiers grimpants à croissance plus lente comme arbustes exubérants. Pour nombreux de jardiniers,a croissance compacte est importante dans leur sélection, ce qui est certainement dû en partie au fait que les jardins deviennent de plus en plus petits, mais aussi à la tendance à combiner les roses avec des plantes vivaces filigranes et des herbes..

Roseraie du Parc de Bagatelle à Paris

La roseraie du Parc de Bagatelle à Paris

Utilisation

Pour vous repérez dans le choix de la variété parfaite, vous trouverez ici un aperçu des types de port les plus courants.

Rosiers grimpants

Ces merveilles sont aussi appelés rosiers grimpants. Ils atteignent environ 3 mètres de haut, ont un port dressé avec des tiges puissantes. La forme et la taille des fleurs varient et, dans de nombreuses variétés, rappellent les rosiers à fleurs groupées. Les rosiers grimpants sont remontants et ont besoin de pergolas et autres supports pour les aider à grimper.

Rosiers lianes

Les rameaux souples des rosiers lianes aiment s’appuyer aux arbres. De nombreuses variétés anciennes ne fleurissent qu’une fois en abondance au début de l’été pour quelques semaines, poussent le reste de l’été et atteignent jusqu’à 6 mètres de haut et plus. Ils n’entrent ainsi pas en ligne de compte pour garnir des pergolas normales. C’est pourquoi, les obtentions récentes qui fleurissent tout l’été et, pour cette raison, restent plus petites, sont très populaires.

Rosiers miniatures

Les mini-rosiers mesurent environ jusqu’à 30 centimètres de haut et sont remontants la plupart du temps. Leurs fleurs ressemblent à celles de petits rosiers à grandes fleurs. Ils se sentent bien en pot, mais les variétés robustes poussent aussi au jardin.

Rosiers couvre-sol

Avec leur végétation basse et leurs longs rameaux, les rosiers couvre-sol peuvent rapidement couvrir de grandes surfaces. Ils fleurissent du printemps à l’automne, atteignent jusqu’à 50 centimètres environ de hauteur et, selon la variété, leurs fleurs sont simples, semi-doubles ou doubles. Ils sont aussi souvent classés dans la catégorie des rosiers arbustifs.

Rosiers arbustifs

Les rosiers arbustifs s’utilisent de façon très variable, comme buisson, en haie, comme élément d’un parterre fleuri ou même comme couvre-sol. Ils atteignent environ 60 à 80 centimètres de haut, sont robustes, remontants et disponibles dans de nombreuses couleurs et variantes de fleurs.

Rosier arbustif ’Westerland’ (à gauche), rosier anglais parfumé ’Charles Darwin’ (à droite)

Rosiers paysagers

Les arbustes entre 1 et 2 mètres de hauteur, utilisés en solitaire, en haies mixtes ou en haie uniquement de rosiers, promettent une floraison abondante. On distingue les roses arbustives modernes, le plus souvent à fleurs simples ou doubles, et les roses anciennes, qui ne fleurissent le plus souvent qu'une fois, mais qui se caractérisent par des fleurs doubles denses, nostalgiques et fortement parfumées. La plupart des roses de l'obtenteur anglais David Austin sont également classées comme des roses arbustives en termes de croissance.

Rosiers sauvages

Le charme naturel de leurs fleurs simples et leur robustesse convainquent de nombreux propriétaires de jardins. En automne, ils se décorent souvent avec des cynorhodons. Les inconvénients: ils ne fleurissent qu’une fois au printemps et, avec 2 à 3 mètres de haut, ont besoin beaucoup de place pour s’épanouir.

Rosiers à grandes fleurs

Les rosiers à grandes fleurs, appelés aussi hybrides de thé, présentent de grandes fleurs élégantes sur de longues tiges et conviennent ainsi non seulement au jardin, mais aussi comme fleurs coupées. Ils atteignent environ 100 centimètres de haut, ont des fleurs doubles et sont remontants. Beaucoup ont aussi un parfum très intense. Au jardin, ils sont bien mis en valeur en compagnie de vivaces appropriées qui dissimulent leur port souvent un peu rigide. Des sélections récentes ont en partie un port plus compact et forment leurs fleurs aussi en touffes.

Rosiers à fleurs groupées

Les rosiers à fleurs groupées présentent leurs fleurs en grosses touffes, toutes les variantes de couleurs et de formes de fleurs sont disponibles. Toutefois, de nombreuses variétés ne sont pas ou seulement peu parfumées. Néanmoins, leur floribondité du début de l’été jusqu’en automne ainsi que la taille de leurs fleurs en font l’un des groupes de rosiers les plus populaires. Ils mesurent entre 50 et 80 centimètres de haut.

Rosiers tiges

Avec leurs 40, 60 ou 90 centimètres de hauteur, les rosiers tiges sont admirables au jardin comme en pot. Pour les couronnes relativement compactes, par exemple, on greffe sur la tige de petites roses arbustives, des roses de massif, des roses nobles ou des roses arbustives.

Rosiers pleureurs

Les rosiers pleureurs, pour lesquels des rosiers couvre-sol à longs rameaux ou des rosiers grimpants à croissance faible sont greffés sur une tige d’environ 140 centimètres de haut, offrent un tableau pittoresque. De nombreuses variétés offrent une grande diversité de couleurs et de formes de fleurs.

Les rosiers conviennent aux styles de jardin et aux espaces dans le jardin les plus divers. La forme classique d'utilisation des rosiers à massif est la roseraie, soit sous forme de plantation pure de roses, soit - sous une forme plus moderne - sous forme de plantation combinée de différents types de roses avec d'autres petits arbustes à fleurs, des arbustes à massif,des herbes ornementales et des fleurs d’été. Les rosiers grimpants peuvent être utilisés pour verdir les arceaux, et aussi avec les vigoureux rosiers lianes pour les couronnes de vieux arbres fruitiers. Les rosiers couvre-sol et rosiers arbustifs sont utilisés pour végétaliser des surfaces, y compris dans l’espace public. Les rosiers miniatures se cultivent bien en pots et autres contenants. Les formes sauvages ou les rosiers anciens naturels sont très demandés pour les jardins naturels. Vous pouvez même créer des haies et des bordures de fleurs colorées à partir de robustes rosiers sauvages et arbustifs, comme les haies de la rose de la pomme de terre (Rosa rugosa), qui est très répandue en Scandinavie.

Plantation

Les rosiers sont proposés racines nues, emballés (les racines sont enveloppées de la terre et un matériau d’emballage) et en pot avec la motte. Tandis que les rosiers en pot peuvent être plantés à tout moment, la période de plantation pour les rosiers à racines nues, plus abordables, se limite au printemps et à l’automne. Avant de les planter, placez ces plantes dépourvues de feuilles complètement dans l’eau pendant plusieurs heures pour que les tiges et les racines soient suffisamment humides pour mieux démarrer. Les variétés de rosiers sont greffés en écusson chez l’obtenteur, c’est-à-dire en implantant un œil sur des porte-greffes de rosiers sauvages robustes. Ce point de greffe épaissi entre les racines brunes et les pousses vertes doit toujours se trouver cinq centimètres sous la surface du sol pour le protéger du gel, même lorsque l'on plante dans des pots et que l'on achète des roses en pot dans le jardin. C’est pourquoi il faut creuser un trou suffisamment profond pour que les racines aient assez de place sans être tordues. Arroser aussitôt après avoir comblé le trou. Pour que l’eau s’infiltre en quantité suffisante dans la zone racinaire, il est utile de former une petite cuvette autour de la plante pour empêcher l’eau de s’écouler sur les côtés.

Par ailleurs, aucun apport d’engrais n’est nécessaire lors de la plantation. Le rosier doit d’abord rechercher lui-même sa nourriture pendant une saison et, ce faisant, former autant de nouvelles racines fines que possible. Si on le « nourrit » trop tôt, il reste paresseux et ne se développe pas suffisamment.

Taille

La plupart des catégories de rosiers se taillent chaque année, comment tailler les rosiers correctement dépend donc beaucoup de leur port et de leur utilisation. La règle générale est: les tiges malades et mortes ainsi que trop serrées ou poussant de travers sont en tout cas éliminées. Il ne doit rester aucun moignon. La taille principale au début du printemps concerne surtout les rosiers miniatures, les rosiers à fleurs groupées et les rosiers à grandes fleurs. Concernant le meilleur moment, orientez-vous sur la floraison des forsythias dans la région: lorsqu’ils se mettent à fleurir, retirez la protection hivernale sur les rosiers et rabattez les tiges à environ 15 à 20 centimètres de hauteur. Coupez-les toujours à l’oblique environ un centimètre au-dessus d’un bourgeon (œil) orienté vers l’extérieur.

Les rosiers paysagers, arbustifs et grimpants sont taillés plus en fonctions des besoins et moins sévèrement. Les rosiers couvre-sol peuvent être rabattus tous les 2 ans à environ 15 centimètres de hauteur. Les rosiers à floraison unique sont éclaircis aussitôt après la floraison en été. En les taillant au printemps, vous élimineriez aussi les naissances des fleurs.

Protection hivernale

En hiver, il faut protéger les rosiers des températures nulles, du vent froid et desséchant ainsi que du soleil d’hiver trompeur. Pour cela, buttez la base avec de la terre environ à la hauteur d’une taupinière et couvrez les tiges avec des rameaux à la manière d’une tente. Dans le cas des rosiers tiges, le point de greffe se trouve directement sous la couronne, il est, par conséquent, très menacé par le gel. Ici, c’est toute la couronne jusqu’au point de greffe qui est recouverte de toile de jute que l’on remplit en plus de paille ou de rameaux. Vous pouvez couvrir les rosiers grimpants de rameaux de sapin en forme d’écailles (de bas en haut). Les grands rosiers paysagers sont seulement buttés, les rosiers sauvages n’ont pas du tout besoin d’être protégés, surtout qu’ils n’ont pas de point de greffe. La protection hivernale n’est retirée qu’au printemps suivant.

Autres conseils d’entretien

Les rosiers poussent beaucoup chaque année et produisent des quantités de fleurs. Mais cela ne fonctionne à long terme que si les plantes ont suffisamment de nutriments. Ce qui convient pour fertiliser les rosiers, c’est un engrais pour rosiers bien dosé, apporté 2 fois par an: une fois au printemps quand les plantes sont déchaussées et juste avant qu’elles ne redémarrent, une seconde fois en juin lorsque la première floraison faiblit. En faisant un apport d’engrais à ce moment-là, la plante a suffisamment de nutriments pour fleurir jusqu’à l’automne. Mais plus tard, à partir de juillet, il ne faut plus faire d’apport d’engrais, car sinon les nouvelles tiges ne sont pas encore assez développées lorsque les premières gelées arrivent et peuvent subir des dommages. En été, maintenez la floribondité de vos rosiers en coupant régulièrement les fleurs fanées.

Multiplication

Si vous voulez multiplier des roses, vous avez le choix entre plusieurs méthodes. La plupart des variétés sont multipliées par greffage chez l'obtenteur. À la maison, on peut essayer de multiplier de petits arbustes robustes ou des rosiers couvre-sol ainsi que des roses sauvages au moyen de boutures. À cette fin, en juin, des pièces centrales d'environ 5 à 10 centimètres de long avec au moins trois feuilles sont découpées dans des pousses non boisées. Toutes les feuilles, sauf les deux supérieures, sont retirées. Les boutures sont placées jusqu'aux feuilles dans un mélange terre-sable, versées dessus et recouvertes d'un couvercle transparent. Le pot est ensuite placé dans une position légère et maintenu humide. Les jeunes plants sont hivernés à l'abri du gel et plantés au printemps. Une pointe d'initié est la propagation de boutures de roses dans les pommes de terre.

Certains rosiers grimpants peuvent être multipliés à l'aide de boutures. Pour ce faire, des pousses d'environ 20 centimètres de long, lignifiées et sans feuilles, sont enfoncées si profondément dans le sol du jardin que seul l'œil supérieur est visible, puis maintenues humides.

Maladies et parasites

Les rosiers greffés passent pour être sensibles aux maladies fongiques. Pour les obtentions récentes, on fait toutefois rigoureusement attention à ce que seules des variétés robustes ne soient mises sur le marché. Cela est le plus souvent indiqué dans les catalogue des obtenteurs avec un système de points ou d’étoiles. Il y est noté aussi une distinction avec le certificat ADR et indiqué qu’il est possible de renoncer aux fongicides pour ces variétés. En cas de mauvais emplacement ou chez les variétés sensibles toutefois, le mildiou, l’oïdium, le marsonia, la rouille du rosier ou la pourriture grise peuvent apparaître, ils se traitent avec les fongicides correspondants du commerce.

Les rosiers ont également des ennemis d’origine animale, avant tout le puceron. Dans ce cas, douchez les plantes avec le tuyau d’arrosage ou retirez les pucerons en passant vos doigts. S’ils sont trop nombreux, il existe, comme pour les cicadelles du rosier ou les araignées rouges, des insecticides chimiques ou naturels qui peuvent enrayer l’infestation. Les feuilles dans les bords desquelles les larves de tenthrèdes se sont enroulées ou les tiges dans lesquelles la tenthrède des tiges du rosier s’est fait un passage sont aussitôt éliminées et jetées avec les déchets ménagers avant qu’une autre invasion ne soit enrayée avec des insecticides.

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